véro Administratrice

Sexe:  Humeur:  Inscrit le: 20 Aoû 2006 Messages: 6971 Localisation: posée sur votre coeur
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Posté le: Dimanche 06 Janvier 2008 à 21:36 Sujet du message: Textes de poésie classique et structurée |
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Texte 1 : Pierre-Etienne
| Pierre-Etienne a écrit: | Mai 1945
Le printemps… La victoire… Pourtant Paris empeste !
La rue du Paradis porte si mal son nom…
Des spectres effarés hantent la gare de l’Est.
Ils ont croisé la mort… Dans les camps, sur le front…
Je suis là, immobile, somnambule égaré ;
La foule me charrie, enthousiaste ou en larmes.
Je suis le bateau ivre que bat une marée
De passants, de putains et de soldats sans armes.
Je m’accroche au portrait qui m’a gardé en vie.
Tes yeux noirs, tes cheveux endeuillés de bonheur…
Rachel, ô mon amour, toi que la barbarie
D’une étoile dorée a frappée en plein cœur.
Trois années depuis l’aube où tu as disparu,
Trois années à chercher un sens à l’avenir,
Trois ans où j’ai pleuré chaque jour dans ta rue,
Trois ans à réciter le même souvenir.
La nuit tombait à peine, déjà le couvre-feu…
Leurs bottes martelaient un hymne pour l’enfer.
Ma main comme un étau, ta bouche comme un adieu,
Notre dernier baiser sous la porte cochère.
Que la nuit semble longue quand on vous vole un rêve !
Un passant m’a tendu une photo froissée ;
J’ai porté ton portrait lentement à mes lèvres,
L’homme haussa les épaules, partit d’un pas pressé.
Aujourd’hui, nous dit-on, le monstre est terrassé.
Aux fenêtres ouvertes les drapeaux refleurissent,
On fusille sans procès, des femmes sont rasées,
De zélés patriotes réinventent la justice…
Soudain un haut-parleur… La foule se retire.
Une jeune infirmière me saisit par le bras :
«Vous avez entendu, Monsieur ? Il faut partir.
Venez. Je dois me rendre à l’hôtel Lutétia. »
Dieu, pourrais-je oublier ce rendez-vous funèbre ?
Quel artiste oserait une telle peinture ?
Des morts regrettant la noirceur des ténèbres
Errant dans un palace changé en sépulture.
D’un cadavre debout j’ai reconnu les yeux ;
Par-delà sa pâleur, j’ai perçu ta beauté.
Et sur ton maigre bras j’ai lu à l’encre bleue
Tout ce que l’homme en lui puise de cruauté.
Nous sommes restés debout, sans mot dire, face à face.
J’ai posé sur ta joue ma main sans te nommer ;
Et j’ai dû bredouiller à ta statue de glace :
« La vie l’emportera puisque l’on va s’aimer. » |
Texte 2 : Lalos
| Lalos a écrit: | Qui es tu toi qui t'arroges le droit de juger
Qui es tu qui t'arroges le droit de me juger
Tu es fier de ton pouvoir
Fort du bras qui t'a armé
Jamais tu n'as vacillé
Pour répondre à ton devoir
Qui es tu toi qui t'arroges le droit de juger
Qui es tu qui t'arroges le droit de me juger
Ils étaient tout comme toi
Celles et ceux de l'infâmie
Qui par des ordres impis
Tuèrent sans foi ni loi
Qui es tu toi qui t'arroges le droit de juger
Qui es tu qui t'arroges le droit de me juger
Tu es comme tous les autres
La poussière du néant
Crois moi si tu peux vas t'en
De la paix deviens l'apôtre
Qui es tu toi qui t'arroges le droit de juger
Qui es tu qui t'arroges le droit de me juger
Change ta vie et ton âme
Près de toi répands l'amour
Le don de soi sans retour
Kaddish ou épithalame
Qui es tu toi qui t'arroges le droit de juger
Qui es tu qui t'arroges le droit de me juger |
Texte 3 : Epervier
| epervier a écrit: | L’enclume.-
Des bras acérés, le fouet magique.
Langue étouffée, gardien diabolique.
De la substance sanguinaire, le noir.
Nudité exemplaire, terrible soir.
La parole blessée, l’affront suprême.
Silence obligé, l’odieux extrême.
Un cœur titube, désespoir incroyable.
Croire malgré tout, l’impensable.
Un corps dominé, des mains jouissives.
Un plaisir raffiné, nuits permissives.
La colère certaine, le barbelé ennuagé.
L’agenouillement, l’esclave dépossédé.
Venu le jour d’une plume à la volée.
Dénonciation, l’âme énoncée.
Un soleil, une liberté, doux espoir.
Des pas rosés, la vie, la concevoir.
André, épervier |
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.... IMPORTANT !
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