ILS:
Ils se lèvent, ils me regardent,
Ils me jugent sans prendre garde
A me cacher leur vérité
Et j’ai mal de les regarder.
Après m’avoir bien tuée,
Ils se remplissent de futilités,
De sourires partagés,
De joie de vivre polluée
Pendant que moi, je ne vis pas
Pendant que moi, je ne dors pas
Pendant que moi, je pense à toi.
Les autres s’entretuent peut-être,
Oui, mais ils ont un but sur terre.
Dans ma guerre, je suis face à moi
Et je perds à tous les combats.
Les autres s’enchaînent inutilement,
Les autres se blessent gratuitement
Mais quelque chose d’infime les lie
Et je n’en fais pas partie.
Ils vivent à deux :
Une victime, un bourreau.
Moi, je ne suis l’esclave de personne,
La moitié d’aucun homme.
Je ne donne pas raison
A leur hypocrisie
Mais je sais qu’au fond,
Je les envie de vivre.
Je ne suis citoyenne d’aucune ville,
Je suis citoyenne du passé
Et toi, tu as eu si facile
De m’oublier.
Ils ne rentrent jamais chez eux,
Ils se caressent entre eux,
Ils ne sont jamais seuls,
Ils s’appellent, ils se veulent,
Pendant que moi, je n’ai que moi
Pendant que moi, je ne m’aime pas.
Ils sont mes rêves,
Ils sont mes peurs,
Ce que j’espère,
Ce qui m’écœure.
Ils ont l’air invincibles,
Ils ont l’air supérieurs
Pendant que moi, je ne suis rien
Qu’un effort à faire
Que je ne fais pas,
Qu’un toi à oublier
Que je désire à jamais,
Une vie à reculons,
Un cri sans son.
Ils ne mourront jamais,
Leur descendance sera leur clef
Pour entrer dans l’éternité.
Ils me jugent en noir et blanc,
Ils écrivent mon testament
Pendant que moi je fais semblant
D’être ils
Car ils seront
Et pas nous…
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Si l'amour est un temple, toi tu seras ma religion (Damien Saez)